Pièce écrite pour le jeune public dans le cadre d'une résidence d'écriture en 2009 à Olmi Cappella
Avec le soutien de La Collectivité Territoriale de Corse.
La pièce est éditée aux Editions Théâtrales www.editionstheatrales.com et a reçu une aide à la création du Centre National du Théâtre (CNT)
Le Garçon de passage a été créé dans le Giussani
A Stazzona - Pioggiola en novembre 2010
Mise en scène de Paul Grenier
Avec Lauriane Goyet, Christian Ruspini, Loïc Soleilhavoup.
Prochaines représentations :
Dossier pédagogique en ligne
http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/piece/index.php?id=garcon-de-passage
Ce dossier permet aux professeurs de préparer la venue au spectacle et offre des pistes d’exploitations pédagogiques en classe.
Le Garçon de passage
Notes d'intention
Ma première rencontre avec Dominique Richard a eu lieu au printemps dernier 2009 dans une sorte de no-man's-island : bien que nous étions assis à sa table de travail, dans ce bâtiment d'Olmi Cappella, à échanger autour de la Corse, de ses pierres et de ses arbres, des gens que nous y avions rencontrés, des différentes langues qu'on y parle, et bien que l'ARIA ait sollicité Dominique pour l'écriture d'une œuvre dramatique ayant pour thème l'insularité, j'ai vite senti que cette île dont nous parlions portait déjà un autre nom, celui de la fiction dans laquelle son travail nous entraînait.
Installé en Corse depuis plus de vingt ans, je me réjouis chaque fois que naissent ici des projets puisant une grande part de leur inspiration de cette terre entourée d'eau.
Projet ambitieux et important que de vouloir traiter de « ces âges transitoires » ; sujet délicat souvent habillé de maladresses voire de violence. On en parle effectivement « de travers » car c'est bien d'une traversée dont il s'agit, d'une étape « initiatique » au cours de laquelle l'être tout entier est soumis à de rudes épreuves - essentielles et créatrices d'essence, celles de la transformation, de la métamorphose.
Enfance, préadolescence, adolescence, tels sont les noms que portent ces zones de traversée et de turbulences, chacune laissant en nous des traces indélébiles. La préadolescence est un entre-deux particulièrement sensible. Je me réjouis à l'idée de retrousser mes manches et d'aller à la rencontre des mots français et en pallakch (dont le vocabulaire imagé me rappelle celui de la langue corse, « grossière approximation » du pallakch, rappelons-le) du Garçon de passage. Nul besoin de fréquenter les écoles et les collèges pour penser qu'il faille continuer de regarder en face cette « perte de l'innocence » et y entrer pour assister à tout ce qui s'y joue, non, pour y être acteur, pour y agir.
Notre travail ne pourra se faire que grâce à une très grande complicité au sein de l'équipe artistique. J'aimerais mettre en avant la très grande sensibilité des personnages (des acteurs, donc) de façon à ce que les jeunes (et moins jeunes) spectateurs soient touchés par la force qui s'en dégage. Force des mots et des émotions, images fortes, présence forte des interprètes... servie par leur fragilité. Sensibilité et sensiblerie sont trop couramment confondus, justifiant l'endurcissement comme « manière de grandir » pour « faire sa place » ; l'enfance ne s'oppose-t-elle pas à faire de nous des menhirs ?
Le Garçon de passage, ou Puiser sa force dans sa sensibilité.
Paul Grenier
11 janvier 2010